DOMVS TEMPLI
   
 
 
 









 



 



 



 




 

La grande masse architectonique repose sur une solennelle roche tertiaire où, selon de nombreux auteurs, se trouva la Tolous de l’itinéraire d’Antonino. Pendant la musulmanisation ce fut une forteresse très conflictuelle, louée par les auteurs arabes, en particulier Al-Razzis et Al-Udri. Par surprise ou trahison, elle fut reconquise par Sancho Ramírez et son fils, l’infant roi Pierre Ier (1089), et y fut établi ce qui deviendrait la tête du royaume de Monzón, la chapelle royale de saint Jean (avec des restes), le palais et son étampe, avec sa propre monnaie. Le Cid passa par cette forteresse et fit un pacte avec ses walis. Parmi ses célèbres seigneurs, citons Ramiro, marié avec la fille du Cid, possesseurs de l’épée Tizona, que les Templiers garderont à l’abri dans la forteresse ; le fils de Ramiro et Cristina, García Ramírez, fut le futur roi de Navarre et seigneur de Monzón. En 1143 elle fut remise aux Templiers, qui transformèrent la forteresse en couvent, avec des édifices de style militaire cistercien, la chapelle, le réfectoire et sa citerne (en restauration), les dortoirs, les prisons de la commanderie ; la tour arabe, en guise d’opus spicatum (Xe siècle), fut habilitée comme demeure du commandeur. Le château arriva à prendre la tête d’une vaste commanderie avec 28 villages de la vallée du Cinca et la Litera. Jacques Ier y fut éduqué par les Templiers (d’août 1214 à juin 1217). Après la chute du Temple, vint une période obscure, avec sa possession par l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et divers seigneurs. Il connut divers sièges pendant les guerres de 1642, de succession et d’Espagne, et fut remodelé sous son aspect actuel et transformé en quartier d’artillerie jusqu’en 1892.

Au cours des dernières décennies, le château a acquis une importance toute particulière pour les habitants de Monzón. En 1984, la Mairie créa le poste de guide-vigile, et l’année suivante le Centre d’Études de l’Histoire de Monzón et sa Comarque (CEHIMO) mit en marche un camp de travail sur une durée de dix ans et des fouilles archéologiques qui ont été répétées de façon ininterrompue ces dernières années.